Imiter Paul, qui imite le Christ

L’apôtre Paul est convaincu qu’en Jésus-Christ mort et ressuscité, plus personne n’est exclu du salut. Pour transmettre cette découverte du salut pour tous, Paul a un terme : l’imitation. À plusieurs reprises, il insiste : ‟ Par l’annonce de l’Évangile, c’est moi qui vous ai donné la vie dans le Christ Jésus. Aussi, je vous en prie : imitez-moi ” (1 Co 4,15-16). Paul cherche à imiter le Christ, qui a donné sa vie pour que le salut soit reçu par tous. Et le signe que ce salut est reçu, c’est la possibilité de la communion entre personnes qui auraient pu se combattre ou s’ignorer.
Imiter Paul, c’est avant tout imiter le Christ. C’est pourquoi Paul dit volontiers qu’il n’y a plus ‟ ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus ” (Ga 3,28). Il n’y a qu’un seul corps, et ce corps ne peut être divisé. C’est pourquoi Paul cherche à imiter le Christ qui a choisi d’être l’un de nous, un homme parmi d’autres, confondu avec les pécheurs, afin que personne ne puisse se croire loin de lui.
Alors, Paul en fait autant : il est avec les uns et avec les autres : ‟ Libre à l’égard de tous, je me suis fait l’esclave de tous afin d’en gagner le plus grand nombre possible. Et avec les juifs, j’ai été comme un juif, pour gagner les juifs. […] Avec les sans-loi, j’ai été comme un sans-loi, moi qui ne suis pas sans loi de Dieu, mais sous la loi du Christ, pour gagner les sans-loi. Avec les faibles, j’ai été faible, pour gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns. Et tout cela, je le fais à cause de l’Évangile, pour y avoir part, moi aussi ” (1 Co 9,19-23).
Anne Lécu, religieuse dominicaine